Une pincée de Guérande pour faire naître le sel en Mauritanie

selndbDes Mauritaniens étaient durant la premiere semaine de septembre à Guérande en France pour échanger avec les paludiers sur la culture du sel, qu’ils souhaitent développer en Afrique.

Là-bas aussi, c’est une presqu’île, à l’ouest du pays. Nouahdibou voudrait avoir des airs de Guérande, histoire que le sel puisse s’y épanouir et faire vivre sa population. Grâce à Univers-sel, le projet est en passe d’être réalisé.

On connaît Univers-sel. Depuis 25 ans, l’association exporte en Afrique le savoir-faire des paludiers, en les adaptant aux conditions locales. Des échanges qui ont fait leurs preuves, notamment au Bénin et en Guinée Conakry. Jamais encore en Mauritanie. Jusqu’à ce que Slowfood y emmène les Guérandais.

 

Un trio d’assos

On connaît peu Slowfood. L’association internationale, basée en Italie, promeut une nourriture “bonne, propre et juste”. Elle se repose pour cela sur une réseaux d’associations locales. Comme Univers-sel… et Mauritanie 2000, ONG de développement. Voilà le trio fondateur du projet, Slowfood menant la danse.

Ce projet, quel est-il ?

Comme au Bénin ou en Guinée Conakry, il s’agit de former des habitants au métier de paludier pour qu’ils puissent vivre de leur récolte.

 

Les obstacles à surmonter

La mission n’est pas simple, car il ne s’agit pas seulement d’apposer des techniques ancestrales guérandaises. De premiers essais en février dernier ont mis en lumière les écueils à éviter pour produire à plus grande échelle, un vrai sel de qualité. Il y a d’abord les difficultés météorologiques. Certes, la pluie vient peu gâcher la récolte, comme c’est le cas cette année en France. Là-bas, l’ennui, c’est le sable.

 

“Les tempêtes sont impressionnantes et recouvrent les œillets”, note Olivier Péréon, président d’Univers-sel.

Il y a aussi l’environnement. Trop près de la ville, les œillets expérimentaux ont souffert de mauvaises conditions sanitaires. “Cela va obliger les productrices à se déplacer un peu plus loin, mais le premier sel récolté n’était vraiment pas consommable”.

 

Comment le vendre ?

Trois femmes mauritaniennes sont venues passer quelques jours à Guérande pour apprendre les gestes, les outils. Mais surtout, “échanger des idées pour savoir commercialiser le sel”, souligne Bolly Bâ, l’une des trois femmes. Car la population là-bas attend surtout de pouvoir vivre vite de la production.

 

“En ce moment se déroule une étude sur l’économie du sel dans cette région, pour savoir quelle forme de sel est demandée par la clientèle”, explique le directeur d’Univers-sel, Alain Kasriel.

Car le sel marin n’a pas bonne presse. Il va donc falloir lutter aussi contre une mauvaise image, due à la pollution de l’eau. Mais à terme, le projet pourra faire vivre 50 familles. Tout un groupe qui devra s’entendre sur le prix. “Ils y ont tout intérêt. Sans reprendre textuellement l’exemple de la coopérative, une organisation collective serait le mieux”. Mais ça, difficile de l’apprendre.

Coralie Durand pour lechodelapresquile.fr

©rimculture septembre 2015

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