L’art traditionnel comme moyen de lutte contre la pauvreté

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Une artiste confectionne des coussins traditionnels. Photo Bousseiry

Depuis des siècles, les griots et les artisans constituaient en Mauritanie deux groupes sociaux vivant en castes fermées. Indispensables à leur société, ils  gagnaient leur vie en perpétuant la tradition et le savoir-faire, transmis de pères en fils. Ils ont conservé, ainsi, un héritage socioculturel riche et diversifié.

Pour  aider, à la fois, à l’amélioration des conditions de vie des artisans et des musiciens traditionnels et à la conservation du patrimoine culturel, le F-OMD est intervenu au bon moment à travers la création de ligne de crédits et d’activités génératrices de revenus visant la rentabilisation des ressources culturelles, l’autonomisation des femmes et la réduction du chômage et de la pauvreté chez les jeunes artisans et griots.

Créant des synergies entre 3 départements ministériels (culture, artisanat et tourisme), 3 agences du SNU et plusieurs ONG, le F-OMD a identifié des activités ayant des retombées directes sur les conditions de vie des populations et de nature à valoriser le patrimoine culturel comme outil de lutte contre la pauvreté et le chômage.

Dans le secteur de l’artisanat, une gamme de produits et de services culturels rentables (coffrets, bracelets, colliers, tapis, etc.) a été identifiée et vulgarisée.  Un volet microcrédit a permis à 214 artisans dont 127  femmes de créer autant d’AGR. Les taux de recouvrement des prêts étant très encourageant (plus de 95%), une seconde ligne de crédit de plus de 40 millions d’Ouguiyas vient d’être ouverte pour financer des micro-entreprises portées par des jeunes artisans et griots.

«Nos traditions culturelles ont ouvert des opportunités d’emploi à beaucoup de jeunes chômeurs devenus cordonniers, tisserands, teinturières, couturières, etc.» se félicite Eya Mint Sidi Mohamed, une jeune artisane de kiffa. «Nous sommes un grand nombre d’artisans jeunes et moins jeunes à avoir obtenu des prêts pour créer des petites affaires et assurer une vie décente à nos familles. Ainsi, nous avons pu rentabiliser de vieux métiers traditionnels en voie de disparition par ce qu’ils ne rapportaient plus d’argent».

Penché tendrement sur son enclume dans la pose d’une mère qui cajole son bébé, Moctar Ould Bou Legdam, un jeune artisan de l’Assaba arrondit avec dextérité une arcade d’arçon, tout en exprimant son ravissement : «avec ce prêt,  je suis très heureux de pouvoir concilier ma vie et mes rêves en rentabilisant l’atelier familial que mon jeune frère et moi-même avions abandonné après le décès de notre père…».

A retenir

  • Un volet microcrédit a permis à 214 artisans dont 127 femmes de créer des activités génératrices de revenu.
  • Les taux de recouvrement des prêts est de 95%, ce qui est très encourageant.
  • Une seconde ligne de crédit de plus de 40 millions d’Ouguiyas vient d’être ouverte pour financer des micro-entreprises portées par des jeunes artisans et griots.

source : PNUD 

©rimculture septembre 2015

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